République Démocratique du Congo à l’honneur

🇨🇩 La République Démocratique du Congo (RDC) à l’honneur 🇨🇩

La RDC est un des plus grands pays d’Afrique de par sa superficie (le plus grand d’Afrique subsaharienne) et de par sa population (77,3 millions d’habitants, soit le pays francophone le plus peuplé). Il s’étend de l’océan Atlantique à l’ouest, à la région des Grands Lacs à l’est. La capital Kinshasa, située sur les rives du fleuve Congo, compte plus de 12 millions d’habitants et la population est encore amenée à doubler dans les décennies à venir.

La RDC est le berceau du royaume du Kongo, puissant empire Africain établi avant l’arrivée des premiers européens en 1482. Le pays a obtenu son indépendance de la Belgique le 30 juin 1960. Suite à cette indépendance, la République du Congo est en proie à la division, et son premier ministre Patrice Emery Lumumba, doit faire face à la sécession de la province du Katanga ainsi qu’à la dégradation des relations avec la Belgique et les États-Unis. Le coup d’État du lieutenant-général Joseph-Désiré Mobutu en 1965 marque la fin de cette période d’instabilité politique et le début de la dictature. Mobutu mènera à partir des années 1970 une politique de “décolonisation” ayant pour but de renouer avec la culture essentiellement africaine du pays. Appelée “zaïrianisation”, elle se manifeste par des réformes symboliques comme le changement du nom du pays qui devient alors le Zaïre, et des réformes de fond comme l’enseignement du lingala dans toutes les écoles de Kinshasa, l’adoption d’une nouvelle monnaie, ou encore la nationalisation des biens commerciaux et des propriétés foncières appartenant à des ressortissants ou des groupes financiers étrangers.

Le 28 mai 1997, les troupes de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL), menées par Laurent-Désiré Kabila depuis la région du Kivu à l’est du pays, entrent victorieuses dans Kinshasa. Laurent-Désiré Kabila s’autoproclame président. Les années 1990 sont aussi marquées par le début de nombreux et violents conflit inter-ethniques sous tendus par des issues politiques, sociales et économiques, qui perdurent encore aujourd’hui, Depuis l’assassinat de Laurent Désiré Kabila le 16 janvier 2001, c’est son fils Joseph Kabila qui est au pouvoir. Des élections devaient être organisés en 2016, mais Joseph Kabila s’est maintenu au pouvoir en négociant avec l’opposition des élections pour 2017. Le 5 novembre dernier la Commission électorale (Céni) a annoncé l’élection présidentielle pour le 23 décembre 2018.

Sur le plan économique la RDC est un des pays les plus pauvres du monde, ce qui constitue un paradoxe pour cette nation qui possède d’immenses ressources naturelles (métaux précieux, millions d’hectares de terres cultivables, potentiel d’énergie hydro-électrique). Miné notamment par des problèmes de corruption, la RDC pourrait toutefois devenir un géant économique du continent. L’exploitation de ces ressources est encore loin de bénéficier aux Congolais. En 2014, l’UNICEF estime à 40 000 le nombre d’enfant travaillant dans les mines de la RDC dans des conditions insoutenables.

📖 Le point historique : Le scandale du « caoutchouc rouge » par le Roi Léopold II de Belgique 📖

Le royaume de Belgique est encore jeune lorsque le roi des Belges Léopold II succède à son père sur le trône en 1865. Lors de la conférence de Berlin (1884-1885), les frontières de l’actuelle RDC sont définies et Léopold II obtient la souveraineté de l’Etat Indépendant du Congo (EIC).

Cet Etat indépendant du Congo fonctionne alors comme une véritable entreprise et l’invention de l’automobile lui ouvre le marché du caoutchouc nécessaire à la fabrication de pneu. Le caoutchouc est issu de l’hévéa, arbre dont regorge la forêt africaine équatoriale et dont le marché était jusqu’alors quasiment inexistant. Le roi Léopold, qui a fait d’une partie du Congo sa propriété privée tandis que l’autre est confiée à des concessionnaires, a donc entre les mains le quasi monopole d’une ressource dont la demande explose. Il met en place un système d’exploitation des Congolais, esclavagisés par la menace de voir leur village incendié. Ces derniers passent leurs journées dans la forêt à collecter du caoutchouc en ayant des quotas de plus en plus élevés à respecter sous peine de mort. Des historiens ont fait le parallèle entre ce système et celui d’un immense camp de concentration. Des Congolais étaient chargés de contrôler le travail d’autres Congolais et de tuer les résistants ainsi que ceux qui n’avaient pas réussi à respecter les quotas imposés pour la journée. Ils ramenaient ensuite aux missionnaires belges une main coupée par personne tuée, en échange d’une rémunération en fonction du nombre de mains, quand ce n’était pas des organes génitaux masculins afin de prouver que la personne tuée était un homme. Afin d’augmenter encore la productivité de sa colonie et pour anéantir toute résistance des Congolais, Léopold II a notamment organisé la prise en otage de femmes et des enfants, qui ne pouvaient être libérés qu’en échange d’une quantité suffisante de caoutchouc. Les conditions de leur détention étaient telles que beaucoup mourraient.

Dès 1895, de nombreuses dénonciations, principalement celle du journaliste britannique Edmund Dele Morel enflammèrent la presse mais ne furent que peu prises au sérieux par les belges. Arthur Conan Doyle fit de ce drame un livre, Le crime du Congo belge, et John Conrad un roman, Heart of darkness, sorti en 1899. Après plus de 10 ans d’enquête, le Parlement belge vota l’annexion de l’Etat Indépendant du Congo et prit en charge son administration le 15 novembre 1908. Ce drame, parfois qualifié “d’holocauste oublié” et connu sous le nom de “caoutchouc rouge”, a fait, selon les estimations entre 10 millions et 30 millions de morts.

🎤 Point culture: De la rumba congolaise à la “congolisation” du rap francophone 🎤

Impossible de parler de la culture congolaise sans évoquer sa musique. Avec une sélection (à la fin de larticle) Esma vous propose un retour sur l’évolution et la propagation de la musique qui enflamme aujourd’hui les dancefloors de Kin à Bx en passant par Paris.

La rumba est née à Cuba il y a 5 siècles de l’importation par des esclaves de la Nkoumba, une danse de l’ex Royaume du Kongo, dont les espagnols ont supprimé l’africanité. A partir des années 1930, la rumba reconquiert sa terre d’origine, elle est vite adoptée puis appropriée par des artistes congolais, qui se mettent à composer en lingala, langue d’Afrique centrale.

C’est surtout avec la création de l’African Jazz en 1953 par Joseph Kabasele dit “Grand Kallé”, et plus précisément avec la sortie du titre « Indépendance Cha Cha » au moment de la Table ronde de Bruxelles pour l’indépendance du Congo belge en 1960, que la rumba est propulsée internationalement. Ce titre devient un hymne à la liberté écouté partout en Afrique. Plus qu’un divertissement, la rumba congolaise sert de moyen politique et de nombreux artistes comme Grand Kalle sont lumumbistes.

Dans les années 60, la rumba adopte un nouveau style, le soukouss, avec les artistes Franco et Tabu Ley “Rochefort”, père du rappeur français Youssoupha et homme politique. Dans les années 70, la rumba est encore modernisée notamment avec l’émergence du talent Papa Wemba, lié à la création de la Sape, et véritable icône du Congo Kinshasa qui devient un phénomène mondial à partir des années 80. Papa Wemba vit longtemps en France et influence de nombreux jeunes talents à Paris jusqu’à son décès en 2016.

Au cours des années 90 à Kinshasa voit le jour un nouveau mouvement musical, la Ndombolo qui flirt avec le rap, représenté par le groupe Wenge Musica et le jeune Fally Ipupa. Pendant ce temps, de l’autre côté de la Méditerranée, le rap francophone fait son chemin et les représentants de la musique Congolaise se font de plus en plus nombreux. Depuis les années 2000 les rappeurs francophones d’origine congolaise sont de plus en plus nombreux : Youssoupha, Maître Gims, Niska (Congo Brazzaville), Damso, GAN, Gradur, etc. “Au lieu que ces jeunes de Kinshasa s’intègrent, ce sont les jeunes d’ici qui se sont intégrés à eux.” explique Tito Prince à Le Monde en 2015.

Le succès monumental du titre Sapés comme jamais de Maître Gims et Niska en 2015, qui fait ouvertement référence à la culture congolaise de la Sape témoigne parfaitement de ce phénomène de « congolisation du rap francophone ».

💿 La playlist d’Esma

1960: https://m.youtube.com/watch?v=reModLpEloc
Indépendance Cha Cha, Joseph Kabasselé

1997 : https://youtu.be/hax0fSHnAO4, Loi, Koffi Olomide

2014 : https://youtu.be/xdpX69Mt-lI, Kaporal, Papa Wemba

2015 : https://www.youtube.com/watch?v=4bPGxLxogvw, Sapés comme jamais, Maître
Gims ft. Niska

2017 : https://youtu.be/T4KNVT2w0mU, Eloko Oyo Fally Ipupa http://www.33rap.com/mp3-damso-k-kin-la-belle-1-5816.html, K. Kin La Belle,
Damso

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