Tahar Djaout

“Le silence, c’est la mort, et toi, si tu te tais, tu meurs et si tu parles tu meurs. Alors dis et meurs!”

Tahar Djaout

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Qui est Tahar Djaout? Un poète, un écrivain, un intellectuel ou un journaliste? A vrai dire il est tout cela à la fois et même plus! Il est des hommes qui jusqu’au bout du dernier soupir à défendu sa liberté et celle des siens. Une liberté qu’il a su peindre en lettres majuscule et en mélangeant le sang aux larmes, la nostalgie au bonheur pour conclure sur une ivresse de vivre au milieu de la mort aux aguets. Une force tranquille à l’assaut de tous les opiums qui restreignent les peuples à une dépendance vitale à des besoins superficiels: ceux qu’imposent toutes doxa au service d’une idéologie dépourvue de raison, d’humanisme et d’humanité.Tahar Djaout, l’homme, le père de famille, le journaliste, le combattant ou plus simplement l’être humain qui a su être universel sans oublier les siens. Aujourd’hui ESMA vous propose de découvrir un homme qui à créé par le verbe, une lumière chaleureuse dans les tréfonds et les abîmes les plus profondes de l’humanité.

Jeune, Tahar Djaout grandit dans le village Oulkhou en Kabylie, non loin de la méditerranée, il grandit dans un milieu très modeste. Depuis sa naissance en 1954, le jeune Tahar s’est habitué au manque de moyens matériels mais entouré de l’amour de ses parents et des siens. Elève surdoué, ses parents ont dû s’installer à Alger en 1964 pour lui permettre de poursuivre ses études. En 1974, il obtient une licence de mathématiques et déjà il commence le travail sur plusieurs oeuvres. En 1976 sa carrière de journaliste commence pour le compte du quotidien El-Moudjahid, ce même quotidien où écrit Frantz Fanon quelques années plus tôt et y collabore régulièrement pendant un an. En 1979, son service militaire effectué il revient à son métier de journaliste: il est nommé responsable de la rubrique culturelle du supplément Algérie-actualité (1) entre 1980-1984. C’est en 1985 qu’il s’installe aux portes des Lilas non loin de Paris, dans un modeste appartement avec sa famille et après avoir reçu une bourse d’étude. Il suit des cours de science de l’information jusqu’à son retour en Algérie, deux ans plus tard. Il travail de nouveau pour Algérie-actualité jusqu’en 1992 où il fonde avec Arezki Metref (entre-autre) le périodique Ruptures. Après avoir été à plusieurs reprises sujet à des menaces de morts d’une part par les partisans du GIA et d’autres part railler par ses contemporains, il finit par rendre l’âme après avoir reçu deux balles à bout portant devant son logement. Le 26 mai 1993, il fut l’un des premiers intellectuels emportés par la folie des Hommes qui transforment l’Algérie pendant une dizaines d’années, en un champs de bataille géant, où les civils furent, victimes d’une guerre fratricide.

William Faulkner, le prix nobel littéraire américain parlant des champs de batailles, en ces termes : “Le champ de bataille ne fait que révéler à l’homme sa folie et son désespoir, et la victoire n’est jamais que l’illusion des philosophes et des sots.”  Cette même folie qui emporte Tahar Djaout pour ses écrits, ses idées et ses combats sur le champs intellectuels. Il est pourtant révélateurs de plusieurs malaises algériens: celui de l’identité, de l’histoire et de la mauvaise gestion politique en vigueur depuis l’indépendance. Chacun de ses mots est soigneusement choisi, précision chirurgicale pour fabriquer des oeuvres telles des cartouches de calibre 50 prêtes à démolir le plus épais des blindages des plus puissants de chars de guerre. Il est difficile de résumer sa vie, son oeuvre et ses combats en quelques lignes, mais s’il fallait une image pour mieux le comprendre imaginez une plume de plomb à mi-chemin entre le marteau et l’enclume, il faudra s’y reprendre à plusieurs fois avant –d’espérer– la briser.

Si le proverbe recommande de prêcher le faux pour avoir le vrai, Tahar Djaout à prêcher le vrai pour démasquer le faux, exercice pour lequel il connut un sort brutal qui se ponctue par la mort Ceci étant dit, à l’image de millions d’Algériens, il vécu comme il est mort, debout et tête haute.

  1. Algérie-actualité est le nouveau nom choisi pour remplacer El Moudjahid.

Soleil Bafoué

(…)

Faut-il avec nos dernières larmes bues

oublier les rêves échafaudés un à un

sur les relais de nos errances

oublier toutes les terres du soleil

où personne n’aurait honte de nommer sa mère

et de chanter sa foi profonde

oublier oh oublier

oublier jusqu’au sourire abyssal de Sénac

Ici où gît le corpoème

foudroyé dans sa marche

vers la vague purificatrice

fermente l’invincible semence

Des appels à l’aurore

grandit dans sa démesure

Sénac tonsure anachronique de prêtre solaire

Le temple

édifié dans la commune passion

du poète

du paria

et de l’homme annuité

réclamant un soleil

Tahar DJAOUT – Extrait de « Bouches d’incendies », édition collective, ENAP, 1983.

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