Sao Tomé et Principe -Portait

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Alda Do Espirito Santo

Si l’on devait trouver une allégorie humaine à l’Afrique, ce serait certainement ces millions de femmes qui naissent, vivent, militent, combattent et meurent anonymement, non pas pour la grandeur, l’histoire mais pour l’amour des leurs et la fierté d’être soi. Loin des éloges funèbres des grands hommes tel qu’un Nelson Mandela, ces femmes meurent parfois dans l’indifférence totale. Et pourtant, elles n’en méritent pas moins. A défaut, les Etudiants de Panthéon-Sorbonne pour les Mondes Africains vous proposent modestement de faire un éloge des coeurs pour ces merveilleuses femmes, notamment l’une d’elle : Alda Do Espirito Santo. Une femme qui laisse pour héritage une production littéraire d’importance, l’amour de la patrie et l’hymne national de São Tomé et Príncipe : “Independência total”. 

Naissance de la légende Alda Do Espirito Santo

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Retour sur l’île natale et début du combat pour l’indépendance

Amilcar Cabral parlant d’Alda Do ESpirito Santo disait :“ elle est l’un des piliers de la ré-africanisation des esprits” et pour cause son combat, sa poésie et sa douceur maternelle sont connus au delà des frontières de sa Sao Tomé natale pendant les années 60-70. Mais d’abord, retour au déclic qui pousse Alda, la femme de lettres, à devenir femme de combat : en 1953, elle revient sur sa terre natale, diplôme de professeure des écoles en poche. A peine a-t-elle le temps de s’installer dans ses fonctions  que le gouverneur colonial de l’île arme les colons qui, avec les forces de l’ordre disponibles, font la chasse aux populations “indigènes” récalcitrantes au travail forcé ( CF. fiche point historique = lien ). Ayant assisté à ce massacre effroyable, sa famille engage des avocats pour défendre les victimes arrêtées et accusées de sédition. Elle-même joue un rôle de relai entre le mouvement à Lisbonne et les populations restées sur l’île, en prenant à coeur de retranscrire les mémoires et dépositions des victimes de ce massacre. En 1959 après la révolte des dockers à Luanda ( Angola ), elle entame une épopée qui se ponctue à Paris; des documents attestant de la brutalité des autorités lazaréennes à des militants en contact avec la revue Présence africaine. Et cela n’est qu’un des nombreux exemples de ses combats panafricains et pour l’indépendance de Sao Tomé et Principe. Justement, c’est ce qui amène son arrestation au milieu des années 60 par les autorités portugaises. Ce rôle discret mais important dans l’indépendance de l’archipel lui vaut d’avoir été nommée plusieurs fois ministre de la culture et de l’information, élue plusieurs fois députée et d’avoir occuper le poste de présidente de la chambre des députés pendant dix ans.

Alda Do Espirito Santo, mère de la nation,  féministe par l’exemplarité.

Poétesse, écrivaine, enseignante, militante et révolutionnaire, à travers sa prose ou ses vers, la femme de lettres n’as jamais écarté l’amour de sa patrie et  la fierté d’être africaine de ses productions intellectuelles. Elle n’a jamais été marié. Elle s’amuse souvent a répété d’ailleurs: “aucun homme n’aurait supporté que je sorte tôt le matin pour rentrer quelques jours plus tard à cause de mon rythme de vie” et puis elle même considère qu’elle n’a pas besoin de procréer puisqu’elle a déjà plusieurs enfants “ tous les santoméens sont mes enfants”. Son combat discret pour les femmes l’amène à fonder  l’organisation des femmes de Sao Tomé et Principe.

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Alda Do Espirito Santo: la femme de lettre.

Le siège des l’union national des écrivains de Sao Tomé e Principe a rendu un grand hommage en 2010 à la mère de la nation et la femme de lettres.  Auteure poète confirmée et admirée par les plus grands tel que Agostinho Neto, son oeuvre ne s’est jamais écartée de ses combats et puis elle même ne trouvait pas d’intérêt d’écrire et de décrire l’amour sans l’accompagner de la patrie. Grande dame  par sa générosité, elle préfère publier les oeuvres des autres que les siennes. Pour ce faire elle met en relation les auteurs avec les maisons d’édition, profitant de sa renommée qu’elle met à disposition. En 1999 elle crée l’union nationale des écrivains de Sao Tomé et Principe dont elle sera présidente jusqu’à sa mort, et jusqu’à alors on pouvait la rencontrer et parler avec elle. Elle y a transféré sa bibliothèque personnelle pour rendre disponibles à tous ses enfants qui désirent parler de lettres, de belles lettres!

En somme Alda Do Espirito Santo grande dame, généreuse, modeste, brillante, exemplaire et unique. Un pléonasme à un autre, on ne peut dissocier Sao Tomé et Principe de la mère de la nation qu’était Alda.  

Portrait par Elikia M’Bokolo
http://www.rfi.fr/contenu/20100417-une-africaine-mere-nation-alda-espirito-santo

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