Journal d’ESMA n°3 -L’éducation en Afrique en chiffres

Infographie :

l’éducation primaire en Afrique sub-saharienne

Pour l’être humain, l’éducation est un  processus aussi vital que peut l’être la reproduction et toutes proportions gardées, l’alimentation ou l’hydratation. Tout individus naissant rencontre l’éducation tout le long de sa vie, qu’elle soit formelle, non-formelle ou informelle. Parfois même, les trois en même temps! C’est le cas de l’école primaire de nos jours : à l’intersection entre l’éducation populaire, sociale, parentale et l’éducation structurée avec une répartition du temps et une définition claire des apprentissages, l’école primaire permet à terme de donner une place à l’individu au sein de nos sociétés modernes. Aussi, dans ce premier article du Journal d’ESMA n°3, nous vous invitons à découvrir par une approche chiffrée l’état de l’éducation primaire en Afrique sub-saharienne.

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L’éducation primaire en Afrique sub-saharienne a connu des progrès majeurs depuis une trentaine d’années. Cet article propose de vous en montrer l’évolution et l’état actuel en quelques chiffres. Regardons tout d’abord le nombre d’enfants scolarisés dans les établissements du primaire : ils étaient 83,2 millions en 1999 puis 156,9 millions en 2015, selon l’Institut des statistiques de l’Unesco (ISU). Toutefois, cette multiplication par presque le double est en partie liée à l’augmentation de la population. Pour avoir une idée plus précise des progrès de la scolarisation, on peut regarder l’indicateur appelé “taux net de scolarisation” qui renvoie au rapport entre le nombre d’enfants en âge de scolarisation qui sont scolarisés et le nombre total d’enfants en âge de scolarisation. Ce taux indique donc la proportion d’enfants en âge d’aller à l’école qui ont réellement accès à l’éducation primaire. Pour une mesure encore plus précise, le taux net de scolarisation ajusté prend en compte les différences de catégories d’âge du primaire dans les différents pays. Par exemple au Togo l’école primaire va de 6 à 11 ans mais en Afrique du Sud de 7 à 13 ans. Ce taux ajusté donne ainsi le nombre d’enfants en âge d’être scolarisés selon le système primaire propre au pays sur le nombre total d’enfants en âge d’être scolarisés. Sur le graphique on peut voir que c’est en Afrique sub-saharienne que les progrès récents ont été extrêmement rapides, le taux net de scolarisation passant de 58% à 79,5% entre 1995 et 2010.

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Un deuxième point intéressant à regarder est le temps passé à l’école par chaque élève. Comme ce chiffre est difficile à obtenir, l’Unesco calcule l’espérance de vie scolaire, soit le nombre probable d’années qu’un enfant passera à l’école primaire. e dernier a évolué de 6,5 années en 1999 à 8,8 années en 2015. On peut donc voir que la croissance des effectifs d’enfants scolarisés en Afrique sub-saharienne est lié à deux phénomènes conjoints : l’augmentation du nombre d’enfants en âge d’être scolarisés ayant accès à l’éducation primaire et l’allongement du temps dédié à l’enseignement du primaire pour ces enfants. Il faut noter que la hausse massive des effectifs a été encadrée, suivie d’augmentation et d’agrandissement des écoles, ce qui a permis d’éviter une surcharge des classes :  le nombre d’élèves par enseignant était de 42 en 1999 puis 39 en 2015. Les taux d’accès à l’électricité, à l’eau potable et aux toilettes se sont maintenus entre 1999 et 2015, malgré l’augmentation des écoles et des effectifs. L’évolution de ces conditions d’enseignement dans le primaire sont reprises dans le graphique ci-dessous.

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Les Etats ont fait de nombreux investissements qui leur ont permis d’accompagner la révolution scolaire et d’offrir à une plus grande partie de leur population l’accès à une éducation de base de qualité. En 2015, selon l’Institut des statistiques de l’Unesco, l’Afrique sub-saharienne était la deuxième région au monde en terme de proportion des dépenses en éducation dans les dépenses publiques nationales, avec un pourcentage de 16,9%.   La hausse spectaculaire du nombre d’enfants allant à l’école et de leur temps de scolarisation s’est ainsi faite dans des conditions matérielles stables ou en amélioration. Cette réussite se traduit par l’augmentation du taux d’alphabétisation des 15-24 ans, qui est passé de 67 à 75% entre 1999 et 2016. L’un des prochains défis pour les politiques éducatives de la région s’adresse certainement à la formation des professeurs. En effet, le nombre d’enseignants formés a augmenté sur la période mais moins rapidement que le nombre d’enseignants non formés, dû à la hausse massive des élèves et des capacités d’accueil. La part relative des professeurs formés a donc diminué, à l’exception de certains pays comme le Sénégal ou le Mozambique selon l’Agence française de développement.

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Rédactrice : Pauline Amard, membre ESMA, étudiante à Paris 1. 

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