“La belle histoire de Leuk-Le-Lièvre”

 “La belle histoire de Leuk-Le-Lièvre”, ou selon ses auteurs : “ un livre de lecture destiné aux élèves du cours élémentaire d’Afrique Noire “ 

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📚 Ce recueil de quatre-vingts contes, tous liés, a été publié en 1953. L’oeuvre est d’Abdoulaye Sadji et Léopold Sédar Senghor. Le premier, écrivain sénégalais 🇸🇳 qui fut l’un des premiers instituteurs africains et également l’un des pionniers du mouvement littéraire et politique : la Négritude, tout comme le second d’ailleurs. Senghor enseignant en Lettres, professeur titulaire de la chaire de langues et civilisations de l’Afrique noire à l’Ecole nationale de la France d’Outre-mer, membre de l’Académie Française, écrivain et poète acclamé, sera en outre élu premier président du Sénégal le 5 septembre 1960. Si A. Sadji est l’auteur principal du livre, L. Senghor en assure notamment la partie grammaticale.

📚 Dans la préface du livre, les auteurs présentent leurs aspirations pour leur oeuvre, ayant pour but d’enseigner le français tout en l’adaptant “au milieu africain et à la psychologie profonde de l’enfant noir”. Une innovation parmi les livres scolaires en Afrique voulant apporter une richesse nouvelle par rapport à d’autres comme la célèbre collection de livres de classe Mamadou et Bineta. Ces livres ont été successivement publiés à partir du début des années 30, avec une méthode de lecture développée par le français André Davesne. Par ailleurs, Sadji et Senghor indiquent méthodiquement, dans la préface, comment le livre doit être employé par les instituteurs et étudié par les élèves.

📚 Le livre a pour but d’éduquer, les auteurs estiment qu’éduquer ne signifie pas seulement “cultiver dans le milieu naturel, mais aussi, selon l’étymologie du mot, transplanter.” Ainsi, ils décident d’intégrer “prudemment” certains objets et techniques européennes. En effet, il est possible d’identifier plusieurs échos de références occidentales telles que la Fable de La Fontaine “Le loup et le chien”, Le livre de la Jungle de Kipling, etc…
Il s’agit donc d’une production pédagogique basée sur la psychologie et les cultures africaines. Selon Senghor, la psychologie africaine se base sur quatre piliers :

🖋 Le premier est la raison intuitive comme mode de connaissance, qualité fondamentale retrouvée pendant la lecture de l’ouvrage en suivant le héros, Leuk-le-lièvre, au cours de ses aventures pendant lesquelles il apprend à faire bon usage de son intelligence. Une intuition qui est aussi surréaliste car des forces surhumaines et cosmiques sont retrouvées non seulement à travers la Providence mais également à travers des personnages comme Mame-Randatou la Fée, guide de Leuk.

🖋 Le second pilier est la dialectique, d’où le fait que les contes des auteurs s’inspirent de récits anciens, souvent racontés aux enfants dans leurs langues maternelles. On remarque ici le lien avec l’importance des griots dans la transmission et la préservation de l’Histoire en Afrique.

🖋 Ces récits qui leur sont racontés sont également en lien avec le vécu des enfants d’où la corrélation avec le troisième pilier qu’est la pratique. Bien que Leuk soit dès le début du récit présenté comme le plus intelligent des animaux de la brousse, il rencontre des situations difficiles pendant lesquelles sa ruse et son intelligence sont mises au défi et où il doit s’adapter à la situation présente afin de s’en sortir.

🖋 Le quatrième pilier est l’Humanisme aux dimensions du cosmos, le héros n’est pas un personnage inséré dans l’histoire, il est plutôt intégré à son groupe qui a une importante influence sur son aventure. Un point important donnant de l’intérêt au récit devenant un “vaste drame” selon les auteurs, est la présence de l’anti-héros: Bouki-l’hyène décrit comme stupide et méchant. Sa rencontre avec Leuk-le-lièvre correspond aux chapitres traitant des “malheurs de Leuk” et de son “initiation à la Sagesse”. La fin de cette initiation est alors suivie d’un second voyage chez les Hommes par “la transmission de la Sagesse” et de son expérience à l’enfant “Samba Nouveau né”.

📚 Ainsi, le récit est celui de l’apprentissage et du partage à travers la double formation qu’apporte la vie à Leuk-le-lièvre et Samba l’être humain. Un récit qui a une résonance particulière avec tous les amoureux de contes initiatiques africains.

Quelques liens pour en savoir plus :

 http://actualites.ecoledeslettres.fr/…/la-belle-histoire-d…/

http://www.ina.fr/PackVOD/PACK155542448
http://lettres.ac-aix-marseille.fr/college/lectecr/leuklievre.html

 http://www.academie-francaise.fr/les-…/leopold-sedar-senghor

http://www.academie-francaise.fr/la-culture-africaine-communication-lacademie-des-sciences-morales-et-politiques

 

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