Quand les chefs d’État militent pour les droits des femmes en Afrique

Exemples notables de Thomas Sankara et Nelson Mandela.

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Freedom cannot be achieved unless women have been emancipated from all forms of oppression(…)” (1) déclare Nelson Mandela, en 1994, lors de la première assemblée parlementaire de l’Afrique du Sud post-apartheid. A une période charnière de l’histoire du continent, avec les vagues d’Indépendances de la colonisation, les femmes ont joué un rôle crucial dans bon nombre d’États africains qui leur a valu la reconnaissance de plusieurs gouvernements nouvellement constitués. Moteur du changement ou symbole de la lutte contre la domination coloniale, impériale occidentale ou blanche, les femmes africaines subissaient une double domination causée d’abord par l’impérialisme puis par l’ascendance que prônaient et appliquaient leurs homologues masculins. Les Indépendances et la courte période qui a suivi ont en effet amené au pouvoirs des hommes, par l’élection ou la force armée, qui ont œuvré à différents degrés au redressement économique et social de leur pays, tout en reproduisant, pour une grande partie, le schéma d’une société patriarcale. Néanmoins, certains ont privilégié le développement socio-économique qui ne pouvait être réalisable, selon eux, qu’à travers la constitutionnalisation et le respect des droits des femmes, ainsi que par le biais d’une implication à égale mesure de cette moitié de la population dans les affaires économiques et politiques du continent. Cet article traitera donc de ces hommes, que la postériorité qualifie de féministes, et que leurs contemporains qualifiaient d’avant-gardistes, en raison de leur combat pour redonner aux femmes une place centrale dans les sociétés africaines et pour lutter contre les discriminations qu’elles subissaient au quotidien. Nous avons retenu deux figures fondamentales du continent, que sont Nelson Mandela et Thomas Sankara, bien que d’autres gouvernements et d’autres hommes, politiques ont participés à l’émancipation des femmes et y participent encore aujourd’hui pour construire un continent où l’égalité des genres et la justice sociale régissent les relations de toutes natures. Du Burkina Faso à l’Afrique du Sud, entre mesures similaires et particularités locales des conditions des femmes, les gouvernements ont oeuvrés pour une fin des violences envers les femmes et pour une meilleure représentation politique de ces dernières, grâce à l’aura dont disposait leur leaders respectifs.
 

Nous débuterons ainsi cet article en nous intéressant à la politique d’émancipation voulue et promue par Thomas Sankara, à la tête du Burkina Faso de 1983 à 1987.

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“Camarades, il n’y a de révolution sociale véritable que lorsque la femme est libérée. Que jamais mes yeux ne voient une société, que jamais, mes pas ne me transportent dans une société où la moitié du peuple est maintenue dans le silence. J’entends le vacarme de ce silence des femmes, je pressens le grondement de leur bourrasque, je sens la furie de leur révolte. J’attends et espère l’irruption féconde de la révolution dont elles traduiront la force et la rigoureuse justesse sorties de leurs entrailles d’oprimées.”
C’est à l’occasion de la journée internationale de défense des droits des femmes, le 8 mars 1987, que Thomas Sankara, président du Conseil National Révolutionnaire du Burkina Faso et de facto chef de l’État, tint ces paroles. Porté par une vision de la société burkinabé comme se devant d’être libérée de toutes les entraves sociales, économiques et politiques qui la maintenaient dans un état d’arriération, l’homme d’État percevait comme étant intrinsèquement liés le difficile essor du pays et l’oppression que vivaient au quotidien les femmes de la nation. Critiquant l’exploitation et la chosification dont elles étaient victimes au sein des sociétés,  il jugeait leur condition comme n’ayant connu de réelle amélioration à travers les différentes périodes. Que ce fut à l’époque des sociétés esclavagistes, à celle des sociétés féodales ou à celle des sociétés d’alors dites capitalistes, les femmes étaient toujours confrontées à cette double domination caractérisée par une domination par des hommes eux- mêmes dominés.

De la condition des femmes au Burkina

Pour l’avant-gardiste T. Sankara, le statut d’être inférieur était inscrit dans la chair des petites filles dès leur plus jeune âge, cela étant symbolisé par la première violence exercée à leur encontre : l’excision. L’enjeu de cette pratique résidait, selon l’homme politique, dans l’objectif  de retirer tout organe jugé masculin et visait ainsi à marquer ces filles de façon définitive du sceau de leur infériorité. Reléguées au second plan, leur éducation étaient par la suite centrée sur l’apprentissage de la tenue du foyer et de fait leur scolarisation était largement inférieure à celle des jeunes hommes. En 1983, elles représentaient 37% des effectifs dans le primaire, 34% dans le secondaire et 22,9% à l’université. Elles étaient ainsi le groupe social le plus touché par l’analphabétisme :  98% des femmes burkinabé l’étaient alors que le taux d’analphabétisme général était estimé à 92% de la population totale et cela alors qu’elle constituaient 55% de la population du pays.
Selon les termes de T. Sankara, ces femmes étaient “moralement et socialement persécutées”, notamment afin de remplir leur fonction de reproduction biologique. Ainsi, la société patriarcale burkinabé, majoritairement agraire, faisait d’elles un objet d’exploitation  et d’oppression où leur force de travail, bien que non saluée, était malgré tout grandement recherchée, de même que leur consommation.
Révolté contre ces injustices et ce manque de reconnaissance envers les femmes du Burkina Faso, le révolutionnaire les appela durant les 4 ans où il fut au pouvoir,  à se lever, à s’unir et à se battre pour l’amélioration de leur condition et pour acquérir un statut égal à celui des hommes.

 

Pour une égalité reconnue dans les textes de loi

Jugeant ainsi la thématique de l’émancipation comme essentielle voire même comme étant d’une nécessité absolue dans la politique du pays,  Thomas Sankara l’a placé au centre de sa politique. Lors de son Discours d’Orientation Politique, le 2 octobre 1983, texte fondateur de la Révolution démocratique et populaire, il aborda la question comme étant à la deuxième position dans les priorités nationales après celle de l’armée. Il fixa ainsi les modalités du combat de libération des femmes. L’associant dans chaque combat à mener, il déclara alors avoir l’objectif d’édifier “une société nouvelle où elles seront associées à tous les niveaux de conception, de décision et d’exécution dans l’organisation de la vie de la nation toute entière”. De fait, tout au long de son mandat, il initia une série de mesures – plus ou moins symboliques – destinées à atteindre cette égalité.
Le premier combat fut un combat idéologique pour lutter contre l’excision. Les femmes du CNR (Conseil National de la Révolution) se devaient de sensibiliser la population locale.  
Par la suite, le 22 septembre 1984, fut par exemple déclaré comme “la journée du marché au masculin”. Si une telle décision peut interroger, sa finalité était en fait double. D’une part, une telle action permettait de lutter contre la répartition genrée des rôles au sein du foyer; et d’autre part,  elle aurait permis aux époux et pères de famille de prendre connaissance des prix des denrées alimentaires. T. Sankara, entendit par la suite instaurer un “salaire vital”. Celui-ci aurait été prélevé sur le salaire des hommes mariés – potentiellement le tiers du revenu- afin de l’octroyer directement à leurs épouses; ils souhaitaient ainsi leur éviter de vivre dans un dénuement total en cas de mauvaise conduite de leur conjoint. Si en théorie cela a pu séduire certaines, une telle mesure n’était applicable qu’aux salariés mais posait également des problèmes dans les cas de mariages polygames.
À la suite du rassemblement de femmes de nombreuses provinces du pays réunies à Ouagadougou dans le cadre de la semaine nationale de la femme, en mars 1985, un pas fut fait dans la commission “Situation juridique de la femme”. Une idée de “Code de la famille” émergea à la suite des consultations. Les femmes souhaitaient l’élaboration d’un code qui aurait – entre autres – régit les relations entre les membres d’une même famille et donc protégé les épouses et mères de tout abus. Ce texte législatif aurait également précisé un âge minimum légal au mariage, ce qui aurait permis de lutter contre les mariages précoces. Par ailleurs, il aurait été l’occasion de supprimer le lévirat et aurait permis à la veuve d’hériter de son défunt mari ainsi que d’avoir la liberté de se marier. Mesure plus controversée, ce code aurait été le moyen de réduire les mariages polygamiques en faisant de la monogamie une règle et de la polygamie une exception.  Si une telle initiative fut bien perçue et même défendue par certaines femmes des villes, celles des campagnes marquèrent une vive opposition. En effet, dans les sociétés rurales, les femmes sont à la base de l’économie. Assumant des journées de travail très longues (allant chercher les canaries d’eau à de longue distance à l’aube, revenant préparer le repas avant de repartir pour la direction du champ cette fois afin d’y effectuer le travail quotidien avant de revenir en fin de journée se charger à nouveau du foyer). Dès lors, dans cette configuration, la possibilité d’avoir une co-épouse avec qui partager ses travaux était perçue par certaines comme une véritable opportunité.
Ainsi, la Révolution démocratique et populaire portée par le CNR eu réellement l’ambition de permettre aux femmes de se réaliser pleinement et entièrement. Liant le système de production directement à l’asservissement des femmes, il défendait ainsi une société dans laquelle serait opéré un bouleversement des rapports de production, lequel aboutirait au réaménagement des relations hommes-femmes sur une base totalement égalitaire.
L’espoir de cette libération était en quelques sortes symbolisé par les femmes actives et militantes rattachées au CNR ou bien prenant part à l’Union des Femmes Burkinabé, l’UFB, alors très active. Ces femmes urbaines ont été promues par le régime de Sankara, atteignant, pour un nombre réduit, le gouvernement, et pour d’autres, le statut de Haut fonctionnaire. Nous pourrions ainsi citer les noms de  Joséphine Ouédraogo, de Alice Tiendrébéogo, ou encore de Alimata Salambéré qui ont été respectivement Ministre de l’Essor Familial, Secrétaire d’Etat à l’Action sociale et Secrétaire d’Etat à la Culture. Ces femmes répondaient ainsi à l’archétype que la révolution du 4 aôut tenta de mettre en avant; celui de la femme révolutionnaire émancipée, qui travaillait à surmonter ses propres insuffisances; cette femme ayant suivi une formation militaire ainsi qu’une instruction scolaire et pouvant donc assumer de grandes charges tout comme étant capable d’aller porter la bonne parole à l’instar de la fameuse chorale : “les Colombes de la Révolution”. C’est ainsi en cela, qu’elle pourrait conquérir son émancipation.
Si ce modèle de femme libérée, répondant principalement à des critères urbains, représentait donc le modèle suivi par les nombreuses femmes du Conseil National de la Révolution, il faut également comprendre qu’à l’inverse, il existait une certaine marginalisation des femmes issues du monde rural. Celles-là même sur qui s’abattait de façon plus forte encore la double oppression du système impérialiste et celle de leurs époux et autres hommes de leur société. Cette population est perçue comme ayant été la moins favorable aux idées du révolutionnaire. En effet, bien que marginalisée, ces femmes étaient loin d’attendre que les moyens de leur progrès ne leur soient apportés depuis le sommet de l’État; ces femmes rurales furent ainsi l’origine de nombreuses initiatives permettant d’améliorer leur quotidien et cela en se basant sur le mode de fonctionnement déjà en place dans la société burkinabé. Sans entamer de révolution de fond où elles auraient réclamée, pancarte à la main, leur émancipation – tel que l’aurait sans doute aimé T. Sankara -, elles parvenaient à faire des ajustements, et à se libérer de certaines de leurs contraintes.
Nous pourrions par exemple citer le cas du village de Bogoya dans le nord du pays, où les femmes se sont unies pour obtenir des soins de santé primaire sur place et ont ainsi permis la construction d’une maternité. Ces mêmes femmes ont par la suite oeuvré afin de pouvoir s’acheter un moulin en fin d’année 1984, se libérant ainsi du pilage des graines. Aussi, bien que désireuses de changement, ces femmes ne montrèrent pas nécessairement de grand attrait vers la politique d’émancipation promue et voulue par le guide et chef du CNR.  
Ainsi, bien qu’en l’espace de quatre ans au pouvoir Thomas Sankara ne soit parvenu a profondément enraciné dans la législation du pays l’égalité femmes-hommes, et qu’il ne soit parvenu à provoquer le bouleversement escompté dans les rapports qu’entretenaient les deux sexes, il n’en reste pas moins qu’il lutta pour promouvoir la libération de cette partie de la population qu’il se plut à nommer “la moitié du ciel”. Sans doute, les mentalités d’une partie de la population Burkinabé n’étaient pas prêtes pour avancer sur cette voie mais aussi et surtout, les conditions de réalisation de certaines de ces mesures n’étaient pas réunies dans ce Burkina Faso des années 1980. En effet, le pays était confronté à des réalités qui empêchaient les femmes d’accepter certaines mesures préconisées tel que par exemple l’abandon du mariage polygame. C’est ainsi en cela que les discours, notamment celui du 8 mars 1987, ainsi que les actions du capitaine Thomas Sankara furent précurseur en leur temps. À cela s’ajoute sa vision globale. En effet, son combat ne visait pas seulement à permettre l’émancipation des femmes burkinabé mais bien les femmes du mon entier et cela  sans distinctions ni de nationalité ni de classe sociale.
“(…) il importe de connaître tous les contours de la question féminine tant à l’échelle nationale qu’universelle et de comprendre comment, aujourd’hui, le combat de la femme, burkinabè rejoint le combat universel de toutes les femmes, et au-delà, le combat pour la réhabilitation totale de notre continent.
La condition de la femme est par conséquent le noeud de toute la question humaine, ici, là-bas, partout. Elle a donc un caractère universel.(…)”
***
Changeons maintenant de cap, pour rejoindre l’Afrique du Sud, qui au temps de la présidence de Sankara déjà amorçait son chemin vers la fin du régime d’oppression contre les populations noires. Dans cette lutte acharnée, celui que le monde appelle Madiba a promu les femmes et leurs droits, et ce particulièrement après l’apartheid.  Quand droits humains riment avec droits des femmes, découvrez en quelques lignes le combat social et féministe de Nelson Mandela.

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Le 9 août 1956, des milliers de Sud-africaines venues de tout le pays se sont rassemblées devant le siège du gouvernement pour manifester contre la loi du laissez-passer(2) (pass law) imposée aux Noir.e.s par le gouvernement raciste blanc. Cette marche historique a été salué par Nelson Mandela, figure emblématique de la lutte anti-apartheid qui est devenu président de la République sud-africaine en mai 1994. À son accession au pouvoir, le nouveau président, noir, d’une nation encore profondément marquée par les divisions raciales et les difficultés économiques, a instauré “la journée de La femme” le 9 août en l’honneur des militantes sud-africaines dont les voix ont été trop longtemps marginalisées.
Cette mesure symbolique reflète la présidence de Nelson Mandela et de son cabinet, placée sous le signe de la libération des femmes de toutes formes d’oppression. Son combat est remarquable du côté de la représentation politique et publique des femmes, qui ont rejoint les rangs du gouvernement mené par l’ANC (3) dès 1994. Les femmes qui ne représentaient que 2,7% des élus au Parlement en 1990, en représentaient finalement 27% après l’élection de Mandela, avec un objectif de parité 50/50 à l’horizon 2015. Quant à son cabinet, il était composé à 44% de femmes. L’amélioration des conditions des femmes et spécifiquement des femmes noires qui représentaient la catégorie la plus lésée de la population, se constate également par la constitutionnalisation de leurs droits dans ce que beaucoup d’observateurs et de chercheurs ont qualifié de Constitution la plus libérale du monde. En effet, en 1996, une nouvelle Constitution est adoptée en Afrique du Sud et reprend dans le Chapitre 2, dans une section intitulée “Égalité”, la Convention des Nations Unies pour mettre fin à toutes les discriminations que subissent les femmes, ratifiée par le pays une année plus tôt. Il est ainsi inscrit dans les lois que les violences et discriminations basées sur le sexe, le statut marital, la couleur de peau ou encore la grossesse sont pénalement répréhensibles et ne sont plus considérées comme relevant du domaine privé. Les inégalités d’accès à l’éducation ou au marché du travail ont notablement diminué à la suite de la promulgation de la nouvelle constitution, bien que des progrès restent encore à réaliser. Les textes de 1996 ont également permis une avancée majeure en matière de droits reproductifs pour les femmes.  Ces dernières se sont vues reconnaître le droit à l’avortement afin de mettre fin aux avortements illégaux qui mettaient en danger la vie de la femme. Une femme enceinte peut, grâce à cette réforme, avorter dans les douze premières semaines de sa grossesse, ou entre la treizième et la vingtième semaine si cela est conseillé par un médecin. Passé ce délai, l’avortement est permis si la grossesse met en danger la vie de la femme ou du foetus. Le gouvernement de Mandela a par ailleurs facilité l’accès aux soins pour les femmes et les enfants en instaurant la gratuité des soins médicaux pour les femmes enceintes et pour les enfants de moins de six ans. L’élargissement des droits est aussi passé par les droits sociaux et la couverture sociale qui ont été renforcé pour les femmes qui ont été durant le régime d’apartheid, et qui sont encore aujourd’hui, les premières touchées par la pauvreté car elles occupent des emplois précaires. Tout au long de son mandat, le président de la nation arc-en-ciel n’a cessé de mener des campagnes de sensibilisation et de responsabilisation de toute la population aux problèmes auxquelles faisaient face les femmes. La question du viol et du harcèlement sexuel notamment était centrale, et l’est encore aujourd’hui en Afrique du Sud, et Nelson Mandela militait pour une implication totale des hommes dans la prévention et la lutte contre ces crimes.
Après la fin de son mandat, en 1999, Nelson Mandela a continué son combat pour les droits des femmes à travers le monde, ce qui lui a valu en 2006 le Prix Ambassadeur de la Conscience décerné par Amnesty International. Durant la remise de ce prix, l’ancien président sud-africain a rappelé l’importance pour les filles et les femmes d’avoir : ”(…) un environnement sûr pour apprendre et travailler. À l’heure actuelle, la discrimination et la violence aggravent le manque d’accès aux outils mêmes dont elles auraient besoin pour que leurs droits deviennent réalité. Si les jeunes filles ne bénéficient pas d’un environnement sûr, exempt de toute discrimination, pour poursuivre des études ou obtenir un emploi, les conséquences s’en feront sentir toute leur vie, leur ôtant toute possibilité de choix et des libertés que nous tenons pour acquises.
Néanmoins, malgré des avancées majeures dans la législation du pays et dans la représentation politique, réalisées depuis le gouvernement de Mandela, l’Afrique du Sud demeure aujourd’hui l’un des pays où la situation des femmes est la plus critique, en raison d’un taux très élevé de violence physique à leur encontre. Les femmes, et surtout les femmes noires des bidonvilles environnants les grandes villes, continuent d’occuper des postes précaires et sont sous-représentées dans les postes à responsabilité. Par ailleurs, tout comme au Burkina Faso, les mesures concrètes pour l’amélioration des conditions de vie des femmes ont principalement ciblé les zones urbaines, laissant pour compte les femmes des aires rurales encore sous le joug de lois coutumières qui ne reconnaissent pas l’égalité des genres et qui les privent ainsi, par exemple, de l’accès à la propriété foncière.
***

Les politiques de Thomas Sankara et de Nelson Mandela mettent en avant la lutte acérée et de longue haleine pour les droits des femmes. Que ce soit par des discours solennels, des politiques institutionnelles, sociales et sociétales, qui trouvent encore résonance pour la postérité, on perçoit que la volonté des ces deux hommes ainsi que de leurs gouvernements étaient d’allier les impératifs sociétaux propres à leurs pays avec les droits des femmes sans quoi il n’aurait pas été envisageable de bâtir une société meilleure. Après observations faites , leurs engagements ont promu une émancipation progressive des femmes à travers une implication croissante des maris dans les tâches domestiques, une relative autonomie financière ou encore une meilleure représentation politique des femmes dans les assemblées et les ministères à grande importance. Toutefois malgré la volonté politique marqué de ces chefs d’Etat, le combat pour l’émancipation des femmes reste à poursuivre, ; ces dernières sont toujours l’objet de violences physiques et symboliques. Les sociétés  parviennent difficilement à atteindre l’objectif d’émancipation des femmes en raison de la lente progression des mentalités et parfois du désintéressement volontaire de certains acteurs politiques. En effet, cet article avait pour but de promouvoir l’implication de chefs d’Etats africains dans les combats féministes, afin de ne pas oublier ces hommes qui ont accepté, de reconnaître les injustices qui sont faites aux femmes et de les combattre. Il s’agissait de démontrer que les combats féministes ne sont pas des combats des femmes par les femmes et pour les femmes, loin de là, mais de montrer que ces luttes nécessitent l’implication de l’ensemble de la société et que dans la construction d’une société humaine les deux moitiés du ciel  pour reprendre Sankara peuvent être associés (4). Enfin il est impératif de rappeler que parmi les chefs d’Etats qui se sont engagés dans les combats féministes, on retrouve aussi Paul Kagame, président de la République du Rwanda ou encore de nombreux hommes de la société civile à l’instar du Dr Mukwege.

 

Article rédigé par:

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Abir Nur
Coordinatrice du Journal d’ESMA.
Diplomée d’une licence d’Histoire / Sciences Politiques
à l’Université de Panthéon-Sorbonne, Paris 1.

Kadia Diarra

Kadia Diarra
Etudiante en droit français / droit anglo-américain,
à l’Université de Paris Nanterre.

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Mathieu Longlade
Etudiant en Histoire / Sciences Politiques,
à l’Université Panthéon-Sorbonne, Paris 1.

Corrigé et mis en forme par:

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Akli Aouaa
Etudiant en Histoire,
à l’Université Panthéon-Sorbonne, Paris 1.

 

 

Sources
Ouvrages:
– BENABDESSADOK, Christine, 1985, « Femmes et révolution : comment libérer la moitié de la société », Politique africaine, Le Burkina Faso, N° 20 [En Ligne], Paris, Karthala, p.11, Disponible sur http://www.politique-africaine.com/numeros/pdf/020054.pdf  
– BOUAMAMA, Said, [En ligne] Sankara et l’actualité de la révolution burkinabè (15/10/2016), [Site] de Contre Temps,  consultée le 3 décembre 2017. https://www.contretemps.eu/sankara-revolution-burkina-bouamama
– KANSE, Saoni Mathias, 1989 « Le CNR et les femmes : de la difficulté de libérer “la moitié du ciel” », Politique africaine, Retour au Burkina, N°33[En Ligne], Paris, Karthala, p.7 Disponible sur http://www.politique-africaine.com/numeros/pdf/033066.pdf
– MARTENS Ludo, MEESTERS Hilde, Sankara, Compaoré et la révolution burkinabè,  EPO Dossier international, Éd. EPO, Belgique, 1989
The Constitution of the Republic of South Africa, 1996
Article de presse
– “How Nelson Mandela helped free the women of South Africa”, The Telegraph, 6 décembre 2013
– “South Africa’s women in politics”, Brand South Africa, 25 août 2016
“Poverty and Development”, South African History Online
Reportages
– Thomas Sankara – La femme
https://www.youtube.com/watch?v=UpKid_n4Djg
– Souvenirs du 4 août : « Sankara était l’homme des femmes », Mme Ganou (ancienne CDR)
https://www.youtube.com/watch?v=q_JAkCmYfdQ
– Les hommes au marché
https://www.youtube.com/watch?v=5_yMUlgb9uY
Discours
– Le discours de Thomas Sankara du 8 mars 1987 consultable en ligne:
La libération de la femme : une exigence du futur  -8 mars 1987
http://thomassankara.net/la-liberation-de-la-femme-une/  
– Discours historique de Thomas Sankara à l’ONU (4 octobre 1984)
https://www.youtube.com/watch?v=Mv5TPUL1NcU
– Discours d’investiture présidentielle de Nelson Mandela, le 10 mai 1994
ESMA vous conseille:
– Le documentaire Capitaine Thomas Sankara de Christophe Cupelin:
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19559028&cfilm=224615.html
– Le discours du 8 mars 1987 de Thomas Sankara :
http://thomassankara.net/la-liberation-de-la-femme-une/  
Un long chemin vers la liberté, l’autobiographie de Nelson Mandela parue en 2013

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